Medecins du monde

Approche participative en santé à Sidi Bouzid

La situation

Contexte

434 221 habitants

Distance Sidi Bouzid-Tunis: 273 km

Région agricole et rurale à 70%

Distance moyenne jusqu’à l’hopital régional : 44 km

Seule 1 femme sur 3 bénéficie d’un suivi correct de sa grossesse

Plus de 1 femme sur 10 accouche à domicile

Deux fois plus de femmes décèdent des suites de la grossesse que dans les gouvernorats de l’Est

 

La santé maternelle et reproductive, un défi à Sidi Bouzid

Au lendemain de la Révolution du 14 janvier 2011, la Tunisie a découvert la complexité liée à la transition démocratique et la difficile réalité d’un modèle social inéquitable et d’une société avec plusieurs groupes vulnérables et marginalisés. La centralisation des décisions et l’allocation de la grande majorité des ressources aux régions côtières n’a pas été sans conséquence pour les gouvernorats ruraux du centre et de l’intérieur du pays, dont les statistiques de santé sont les plus faibles, et où l’accessibilité géographique et culturelle aux structures de santé fait souvent défaut.

Le gouvernorat de Sidi Bouzid, berceau de la révolution et des premières contestations sociales en 2011, fait partie de ces gouvernorats défavorisés qui enregistrent les indicateurs sanitaires les plus bas. Le manque de ressources humaines, le matériel vétuste, la mauvaise qualité de soins et de l’accueil, le manque d’information et de communication des services de santé avec la population, conséquences des failles d’un système sanitaire centralisé, sont autant d’obstacles à un accès aux soins de qualité pour les citoyens.

Appuyer une région à forte militance à devenir une force de proposition

L’autonomie des populations, actrices de leur santé, est un des principes de Médecins du Monde. Avec la société civile, les acteurs institutionnels et les prestataires de santé, Médecins du Monde a donc décidé d’appuyer la mise en œuvre d’une approche participative qui renforce l’adhésion des populations aux principes démocratiques bases de cohésion et de paix sociale.

Cette approche est consacrée par la Constitution tunisienne de 2014, qui encourage l’émergence d’une démocratie sanitaire dans le pays. L’article 38 consacre le droit de chaque citoyen à la santé, à travers la sécurité et la qualité des soins, et une couverture sociale et la gratuité pour les personnes dans le besoin. D’autre part, le chapitre VII souligne l’importance des pouvoirs locaux et du principe de décentralisation.

Notre action

Notre action à Sidi Bouzid s’inscrit dans la continuité de l’expérience de démocratisation des soins menée à Gafsa depuis 2013 . Au vu des résultats concluants du projet et de la similitude des défis à relever à Sidi Bouzid, les acteurs institutionnels de ce gouvernorat voisin ont contacté Médecins du Monde pour la réalisation d’une étude exploratoire en juillet 2014, qui a abouti en 2016 au démarrage d’un projet financé par la Délégation de l’Union Européenne en Tunisie.

A travers la mise en place d’une plateforme régionale de santé à Sidi Bouzid, regroupant les organisations de la société civile, les autorités locales et les professionnels de santé, il s’agit d’impulser une stratégie opérationnelle d’amélioration de la santé, mettant l’accent sur la transdisciplinarité, l’amélioration de l’allocation des ressources et la gouvernance et reposant sur un budget participatif, afin de mettre en œuvre des solutions locales, rapides et concrètes. Ce projet s’appuie en grande partie sur l’expérience de Gafsa, en trouvant des synergies communes et à travers le rôle de Sihatouna, l’association qui s’est créée autour de la plateforme participative de Gafsa.

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